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Niqab, Printemps à Paris Isabelle Eshraghi - Reportages Niqab, Printemps à Paris

Diaporama Portfolio

« Niqab ou pas Niqab ». La question qui se pose actuellement en France, en vue de l’interdiction du port du voile intégral (peu importe l’appellation Burqa ou Niqab) cache-t-elle un danger réel pour notre nation ?
Est-ce la peur de l’autre que l’on ne (re)connaît pas qui guide ce débat ? La Sainte sauvegarde de la laïcité ? Ou un jeu politique ?

Je travaille depuis plusieurs années sur la place des femmes musulmanes dans leur propre pays. En observant ces femmes dans leur culture traditionnelle, j’ai noté que le port du voile, à des degrés différents suivant les pays, leur a souvent permis d’accéder à l’éducation, au monde du travail, et de s’inscrire progressivement dans la société civile.
En France, la place laissée aux femmes musulmanes ne semble pouvoir exister qu’à travers l’intégration à notre société moderne.
Il est déjà impossible pour les femmes voilées intégralement d’obtenir un travail, d’entrer facilement dans une administration publique. Une fois la loi promulguée, l’espace public ne leur sera plus autorisé.

Cette série a été réalisée dans la rue pour répondre à ce questionnement sur le port du Niqab.
Ces mises en scène imaginaires inventent des situations où le comportement de ces femmes se rapprocherait du nôtre : faire du « vélib », aller dans un café, se prélasser dans un parc.

« Porter un niqab ici attire tous les regards vers vous au lieu de les détourner. Cela n’a plus rien de pudique, c’est presque de l’exhibitionnisme. Dans les pays à tradition chrétienne, c’est une provocation qui ne rend pas service à l’islam. », analysait de façon très pertinente Fawzia Zouari, dans une interview donnée au quotidien suisse Le Temps.