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Isabelle Eshraghi - Biographie
Biographie

Isabelle ESHRAGHI

Née à Ispahan, d’une mère française et d’un père iranien.

Lauréate du prix Kodak de la Critique Photographique en 1997 pour son travail sur les femmes d’Ispahan, lauréate du programme de recherche et création « Villa Médicis Hors les Murs » en 1999 pour son travail sur la jeunesse iranienne, lauréate du programme de recherche FIACRE en 2001 pour un travail sur les sages de l’Iran, troisième volet et dernière partie d’une trilogie.

Distribuée par l’agence Vu à Paris.


Livres
2008 " Femmes, hors du Voile ", Editions du Chêne
1999 " Avoir 20 ans à Téhéran ", Editions Alternatives
1991 " Vietnam, l’Esquisse d’un Sourire ", L'Harmattan


Publications en Presse
Libération, , Le Monde, La Croix, Télérama, Photo Magazine, DS, Madame Figaro, Le Figaro Magazine, L’Equipe Magazine, VSD, Marie-Claire, Elle, Courrier International, The Independent Magazine, The New Yorker, D de la Republica, Io Donna, Die Weltwoche...


J’avais 17 ans, lorsque j’ai traversé le désert algérien avec un petit instamatic kodak et c’est dans l’immensité du désert, que ma vocation de photographe s’est revelée. J’attendais qu’un touareg entre dans mon champ de vision pour faire une image, déjà j’étais attirée par l’être humain et non par le paysage (1982). Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai comparé la photo de l’homme bleu du désert en Algérie avec celle de mon père dans le désert en Iran. Je ne connaissais de lui et je n’avais de lui que cette photographie…

C’est à New-York que j’ai commencé avec mon premier reflex à fixer les pieds des passants (1983). Grâce au stage en Chine que j’ai suivi avec Guy Le Querrec de Pékin à Hong-Kong, mon regard s’est affirmé (1988). Ensuite, je me suis aventurée seule au Vietnam, de Saïgon à Nha Trang pour remplir mon sac d’images (1990) et j’ai poursuivi sur d’autres routes : Sénégal, Pologne.
Lorsque ma fille Louise est née (1992), je me suis donnée pour mission de photographier chaque jour de cette première année, sous la forme d’un journal quotidien de 0 à 1 an.

Puis le jour est venu où j’ai décidé de découvrir mon pays natal que j’avais quitté à l’âge de 3 ans. C’était en 1996.
Dix ans ont passé, dix ans depuis ce premier voyage de retour aux sources, dans ma ville natale à Ispahan. Depuis, beaucoup d’autres voyages photographiques ont suivi. J’ai observé l’Iran quasiment sans cesse, avec quelques interruptions. J’ai appris à aimer ce pays et à y trouver petit à petit mes propres repères. Je m’y suis même attachée et j’ai ressenti à chaque fois les espoirs et les désespoirs des hommes, des femmes et des jeunes de ce pays.

Mes photographies se sont cristallisées autour de cette double appartenance et répondent à une quête d’identité. Elles interrogent mes racines et questionnent au-delà des clichés, l’état de la culture iranienne.
Ces instants de vie partagés, de l’intérieur, sur la terre de mes origines, contrastent certainement avec les stéréotypes véhiculés par les médias. Mais ils sont pour moi des moments complices, des souvenirs en images qui s’étaient effacés de ma mémoire et que j’ai reconstruit au cours de ces dix années.